TEXTE DE BASTIEN

MA PRESENTATION
AUTRE TEXTE
LA CLASSE

 

Pépère et Martine dans le train

 

SCÈNE I

 

Martine. - Allez, Pépère, dépêche-toi, on va rater le train !

Pépère. - Je fais ce que je peux ; et tu pourrais m'aider : je suis chargé comme un âne !

Martine. - Oh ! Allez grosse feignasse, vite !

Pépère, tout bas. - Vraiment, cette femme m'aura traité de tous les noms !

Martine, malicieusement. - J'ai entendu.

Pépère. - Enfin, nous voilà sur le quai. Tu vois : le train n'est pas encore arrivé !

Martine. - Un jour, tu verras, si tu ne te presses pas, tu le rateras et tu te diras que tu aurais dû m'écouter et... (elle est coupée par le bruit du train).

Pépère. - Allez, montons.

 

 

SCÈNE II

 

Martine. - Tu as les billets ?

Pépère. - Pourquoi ?

Martine. - A ton avis, c'est qui le monsieur en uniforme qui passe et qui pose des questions aux gens ; et les gens lui donnent des petits papiers ?

Pépère. - Le contrôleur.

Martine. - Alors je suppose que j'ai répondu à ta question.

(Le contrôleur arrive devant eux)

Le contrôleur. - Vos billets s'il vous plaît.

Pépère. - Oui, attendez. (Il fouille ses poches) Mais où sont-ils ?

Martine. - Dans la valise. Tu les as mis tout à l'heure.

Pépère, en courant vers la valise, stupéfait. - J'arrive dans une minute !

(Une fois le contrôleur parti, il revient)

Pépère. - On l'a bien eu !

Martine. - Oui, j'adore faire ça !

(Un homme se retourne)

L'homme. - Ah, vous aussi ! Je m'appelle Frédéric Dupuis, mais vous pouvez m'appeler Fred. Expert dans la tromperie.

Pépère. - Bonjour, moi c'est Pépère et elle Martine.

(Soudain, le contrôleur arrive)

Le contrôleur. - Alors, je suppose que vous avez retrouvé vos billets... Pourrais-je les voir ?

Martine. - Oh ! Mais... (elle est coupée par Fred).

Fred. - Je crois que vous faites une grave erreur pour votre carrière de contrôleur. Vous souvenez-vous de l'article 21 ?

Le contrôleur. - Vous n'êtes pas le contrôleur ! (A Pépère et Martine) Donnez-moi vos billets !

Fred. - Moi aussi j'ai été contrôleur. Bon, à ce que je vois, vous ne vous souvenez pas de ce que dit l'article 21. Il dit : " Il est strictement interdit d'interroger les passagers entre douze heures et douze heures trente pour la simple et bonne raison que ce sont les heures de repas. Si l'on apprend son erreur, le contrôleur sera renvoyé. "

Le contrôleur, en le suppliant à genoux. - Je vous en prie, ne le dites à personne. Mon travail, c'est tout pour moi. Si vous… (Fred le coupe).

Fred. - Ne vous inquiétez pas, je ne le dirai à personne si vous vous en allez.

Le contrôleur. - D'accord.

(Une fois le contrôleur parti)

Pépère. - C'est vrai tout ça ?

Fred. - Je n'en sais rien !

 

 

SCÈNE III

 

(Dans un haut-parleur. - le train arrive dans une heure à Londres, gare de Waterloo)

Martine. - Tu sais toujours parler anglais ?

Pépère. - Yes. And what about you?

Martine. - Yes, I speak English too. And do you know how to speak French?

Pépère. - Oui, tu vois, je parle deux langues ! Même trois langues !

Martine. - Si, seniÔr.

Fred. - Et moi, je parle six langues : anglais, allemand, espagnol, latin, grec ancien et portugais. Sans compter bien sûr le français, et l'italien que je suis en train d'apprendre.

Martine. - Moi, je connais les quatre villages romains dans Axtérix : Aquarium, Petibonum, Babaorum et Laudanum !

Pépère. - Pour ton information, ces villages n'ont jamais existé.

Martine, enragée. - Je le sais !

Pépère, en criant. - Non mais ça va !

Fred. - Chut ! Les voisins ont l'air costaud !

(Un des deux costauds se retourne)

Costaud 1. - Ouais ! Taisez-vous !

(Soudain, le train passe sous un tunnel puis, quand il refait jour, le contrôleur est devant eux).

Le contrôleur. - Je suis obligé de vous redemander vos billets. (En criant) donnez-les-moi !

Costaud 2. - Eh ! Je n'aime pas ceux qui crient !

Le contrôleur. - Vous, je ne vous ai pas parlé.

Costaud 1. - Eh ! Tu lui parles autrement !

Le contrôleur, rageusement. - Si je veux !

Costaud 2. - Tais-toi ! Nico a raison. Si tu ne me parles pas comme ça, OK, mais sinon, tu vas avoir mon poing dans ta figure !

Le contrôleur, tout bas en marmonnant. - Et bien, ce n'est pas mon jour ! Trois trompeurs et deux costauds ! J'espère que ça ira mieux au retour !

 

 

SCÈNE IV

 

(Dans un haut-parleur. - Notre arrivée est prévue gare de Waterloo dans cinq minutes)

Un enfant. - On arrive ! On arrive ! On arrive ! On arrive ! On arrive… (il continue)

Pépère. - Pourvu qu'il se taise !

Fred. - Oui. Il commence à me saouler.

Martine. - Eh ! Vous savez quoi ? On arrive !

Costaud 1. - Très drôle !

Costaud 2. - Tiens, voilà le contrôleur (En effet, le contrôleur arrive). J'espère qu'il va le faire taire !

(Le contrôleur entend l'enfant et va voir ses parents)

Le contrôleur. - Pouvez-vous faire taire votre enfant ?

La mère. - Et pourquoi ?

Fred, de loin. - Parce qu'il commence à nous saouler ! Et d'ailleurs, j'espère que c'est le commencement de la fin !

Le père. - Je vous signale que cet enfant a quatre ans.

Pépère. - Justement ! Éduquez-le !

Martine. - Moi, quand j'avais son âge, on ne me laissait pas faire ça !

La mère. - Bien évidemment. Mais l'éducation est moins dure de nos jours.

Le père. - Oui. Elle a tout à fait raison !

Costaud 1. - C'est bien dommage…

Fred. - Oui. Bien dommage !

Le contrôleur. - Je vous redemande gentiment de le faire taire, vu qu'il continue à crier à travers tout le wagon.

L'enfant, s'arrêtant de crier. - Qu'est-ce qui se passe, maman ?

La mère. - Oh, rien ! Les gens trouvent que tu fais trop de bruit. Mais ce n'est pas mon avis.

Le contrôleur. - Je vois qu'il s'est arrêté alors je repars en espérant qu'il ne recommencera pas.

Pépère, un peu plus tard. - On ralentit.

Martine. - Oui. Le voyage se termine dans disons trente secondes !

Costaud 1. - 30, 29, 28, 27, 26, 25, 24, 23, 22, 21

Fred et Costauds 1 et 2. - 20, 19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12, 11

(Le contrôleur arrive)

Martine, Pépère, Fred, le contrôleur, Costauds 1 et 2, la mère, le père et l'enfant. - 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 0.

(Vide pendant trois secondes, puis le train s'arrête et les passagers hurlent de joie)

Pépère. - Tu vois, tu t'es trompée ! Tu aurais dû dire : "Le voyage se termine dans disons trente-trois secondes !

 

 

FIN

 

 

Bastien LAVAL