Le Boulanger et Son Ane
Vivaient pauvrement, disait-on,
Un Ane et son maître le Boulanger,
Qui survivaient grâce à leur pain maison.
Un jour où la faim était de plus en plus dure
Le Boulanger fit un excellent pain
Et mit par-dessus un œuf dur,
Quand tout-à-coup, derrière lui, survint l'Ane à jeun :
" Eh, lui dit-il, n'oublies-tu pas quelqu'un ?
C'est que moi aussi j'ai très faim.
- Mais toi tu ne meurs pas de faim,
Tu n'en as pas vraiment besoin.
- S'il te plaît, donne-moi au moins une miette.
- Tu n'en auras pas même si tu me supplies.
- Tu n'es qu'un égoïste, mon ami. "
Puis l'avare avale la dernière miette,
Et l'Ane tombe.
Et le Boulanger resta seul au monde,
A préférer l'égoïsme à l'amitié,
Cela jusqu'au point de tuer.